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25-Butte_Santon
26-Chateau_Sokolnice
27-Relais_poste
29-Chateau_Austerlitz

 Le monument de la Paix


L'initiative de la construction de ce monument revient à Alois Slovák, professeur de lycée et prêtre à Brno. La colline de Prace ayant joué un rôle clé dans la bataille d'Austerlitz, c'est là que l'on décida de le construire. Réaliser cette idée demanda néanmoins beaucoup d'énergie, de persévérance mais aussi beaucoup d'argent. À l'origine, on pensait y rassembler les dépouilles retirées des fosses communes du champ de bataille. S'il était clair pour les responsables que le mémorial dominerait le plateau de Prace et ses environs, en revanche, ils hésitaient entre un édifice purement religieux et un digne mémorial profane. En 1906, fut finalement choisi l'un des six projets présentés par l'architecte Josef Fanta (1856-1954), professeur de l'université technique de Prague et concepteur de la gare principale de Prague. Bien que le comité disposât des fonds, on ne commença à construire l'édifice qu'en 1910. Ce n'est qu'en mars 1923, après des travaux de réparation, que le mémorial fut ouvert au public. Le musée consacré à la Bataille des Trois Empereurs ne fut installé à  proximité que bien plus tard.

Comme convenu, les projets présentés par Fanta étaient de style Art Nouveau. Celui que choisit la commission, portait le nom de "Monument de la Paix". La construction, initialement organisée autour d'une coupole, consista finalement en une pyramide tronquée quadrangulaire. Sur un large soubassement carré, les parois convexes de la pyramide s'élargissent vers le bas. À chaque coin, des rampes donnent l'impression que l'édifice s'élève du sol où les morts sont enterrés. À leurs extrémités, sont placés des paniers en fer forgé destinés à recevoir des feux grecs, très belles réalisations de maître forgeron. Les statues des quatre porte boucliers qui protègent la chapelle, représentent les trois pays protagonistes (France, Autriche, Russie) ainsi que la Moravie, pays dévasté par la guerre.

La pyramide en pierre de taille, d’une hauteur dominante de 26 m, est surmontée d'un globe aplati ovoïde soutenant la croix des anciens Slaves – celle-ci est haute de 10 mètres et ses branches symbolisent la Rédemption. Sa face avant est ornée de reliefs du Christ en croix, de la Vierge, de saint Jean l'évangéliste, de Dieu le Père et de la tête d'Adam. Au dos de la croix est gravé un pélican, symbole d'abnégation et du don de soi (cet oiseau est également représenté sur le plafond de la chapelle). Interfecti mei resurgent (Ceux des miens qui ont été tués se relèveront), paroles d'Isaïe, prophète de l’Ancien Testament, gravées au dessus de l'entrée de la chapelle, expriment l'idée principale du mémorial et l'esprit de piété du lieu.

L'entrée en forme de lunette, protégée par une grille en fer forgé, est ornée des deux allégories de la douleur et du chagrin : la mère pleure son fils mort et l'épouse, l'amante ou la fiancée tient à la main une couronne de laurier, don aux héros, et un rameau de tilleul, symbole du souvenir éternel. Tout comme les statues des porte boucliers, ces sculptures sont l'oeuvre du pragois Cenek Vosmík (1860-1944). Sur la façade bordant l'entrée sont fixées des plaques elliptiques en granit portant des textes identiques en tchèque, en français, en russe  et en allemand pour commémorer les soldats français, autrichiens et russes morts au champ d'honneur. Seul le texte russe ne rappelle que ses propres victimes, comme le demanda le gouvernement de Russie, quand il donna de l’argent pour construire le mémorial.

La chapelle, construite sur un plan de 10 x 10 m centré dans l'axe du mémorial et surmontée d'une voûte  parabolique en briques de 9 mètres de haut (d'une exceptionnelle qualité acoustique), constitue le coeur de l'édifice. Si le mémorial ne fut inauguré qu'après la Première Guerre Mondiale, la chapelle ne fut jamais consacrée. On a toujours pensé que l’espace où devaient être déposées les dépouilles serait décoré d’une voûte portant un ciel étoilé. S'appuyant sur les intérieurs Art Nouveau présentant de nombreux motifs géométriques et des rayons de flammes, les récents travaux d'aménagement redonnèrent à la chapelle un aspect proche de l’état conçu originellement par Fanta.

Au centre de la coupole, le relief du pélican en métal doré est encadré d'une croix portant le profil du tétramorphe (fange, le lion, le taureau et l'aigle symbolisant les quatre évangélistes) ; le texte repris au psaume 113 encercle cette composition symbolique.

Sur les flancs de la chapelle, six niches étaient à l’origine destinées aux actes de piété et à la célébration de la messe. Une niche centrale abrite l'autel en briques, revêtu de marbre de Carrare, orné en son centre de l'agneau, symbole du sacrifice, et de motifs Art Nouveau. De style byzantin, il a été conçu par l'atelier de J. Urban d'Olomouc. Une plaque du même marbre que l'autel, au centre de la niche, porte l’emblème du Christ, doré et décoré de pierres taillées. Enfin, la niche est décorée d'une mosaïque en verre de style italien (de E. Škarda de Brno) représentant deux anges en adoration, au-dessus de laquelle court l'inscription en tchèque du Sanctus, sanctus, sanctus Dominus, paroles initiales évoquant l'hymne des choeurs d'anges glorifiant le Créateur.

À l'occasion des travaux de restauration, deux plaques ovales en syénite rappelant la création du mémorial et rendant hommage aux tombés de chaque camp, furent placées de part et d'autre de l'autel.  Sous la chapelle fut édifié un ossuaire pour y déposer les restes des victimes retrouvés dans les environs. Son initiateur, A. Slovák, et ses amis prévoyaient d'y transférer toutes les dépouilles exhumées du champ de bataille. L’idée reste irréalisable encore aujourd'hui, car sur la vingtaine de fosses communes connues à ce jour, toutes n'ont pas encore été vidées.

L'ouverture de l’ossuaire, il y a quelques années, permit de mener des expertises anthropologiques. On constata la présence de plusieurs milliers d'os et de débris osseux d'hommes et de femmes, de différentes ethnies, même non européennes. Une plaque de marbre massive, portant l’inscription Pax honor  (Paix honneur), scelle actuellement l’ossuaire.

Diaporama en 1'02

La bataille d'Austerlitz - 2 décembre 1805

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